Spectacle à venir

L’Analphabète
de Agota Kristof

À partir du 25 novembre 2019

mardi 19h ; mercredi, jeudi 20h30 ; vendredi 19h ; samedi 16h ; dimanche 15h

Onze chapitres comme des rites de passage. Brefs et secs comme le destin. Souriants comme la liberté quand elle nargue. De la Hongrie en Suisse, ils vont aussi de l’enfance à l’âge adulte, du cocon familial à l’exil et de la lecture avide à l’apprentissage de la langue. Lire/écrire. L’analphabète est totalement imprégné de cette jubilation-là. Lire/écrire. Un antidote au malheur. Un pied-de-nez à la vie même.
Nabil El Azan 2015

Ce texte, je l’ai rencontré lorsque le metteur en scène Nabil El Azan me l’a confié, il y a quelques années*, et c’est aussi pour lui rendre hommage, alors qu’il nous a quittés l’année dernière, que j’ai choisi de le partager encore.

Il ne s’agit pas de rejouer ce très beau spectacle qui a eu sa vie propre, mais de continuer à faire entendre un récit extraordinaire au fil duquel Agota Kristof, en racontant cette irrésistible poussée vers l’écriture, revient à ses années d’enfance, à sa découverte de la lecture et à cet exil politique qui l’a privée des siens, de son pays natal et peu à peu de sa langue maternelle, faisant d’elle, qui était pourtant déjà poète en Hongrie, en Suisse, une analphabète.

Viennent alors ces années laborieuses de conquête de ce qu’elle qualifiera de langue ennemie et qui deviendra sa langue d’écriture. Viennent ces années de solitude, d’exil, de malaise identitaire, thèmes qui traverseront toute son œuvre. Les indésirables, étrangers au pays ou pas, y auront toujours une place belle, alors que le monde n’aura cessé de les brutaliser.

L’écriture d’Agota Kristof est simple, les phrases sont courtes, brillantes, comme si elle devait toujours juguler l’émotion, trop forte, et éviter l’épanchement. Pourtant le rire est bien là, la douleur et la cruauté aussi. Et le paradis perdu. Et le cauchemar du déracinement.

Ce récit dit encore que l’écriture peut sauver, que la lecture peut consoler.

Choisir de porter cette œuvre à la scène, c’est croire aussi que le théâtre (pour lequel Agota Kristof aimait tant écrire), en rassemblant autour d’elle une communauté de spectateurs, lui offrira une merveilleuse chambre d’écoute.

Catherine Salviat

Analphabete AFFICHE

Extraits de presse :

Agota Kristof raconte les différentes étapes d’une vie de lectures et d’écriture qui l’ont sauvée dès l’enfance de toutes les blessures de l’Histoire. Catherine Salviat est excellente, pleine de finesse, sans aucun pathos mais avec d’infinies nuances. Sylviane Bernard-Gresh Télérama

Si bouleversante de sincérité qu’on croirait qu’elle est l’auteur du texte, la grande Catherine Salviat, sociétaire honoraire de la Comédie-Française, déroule, à la première personne, la vie d’Agota Kristof. C’est avec une saisissante émotion qu’elle s’empare de ce texte. Courez-y. Jérôme Garcin L’Obs

Particulièrement touchant et beau. Cette grande interprète nous rend le propos et le style même de l’écriture palpables et bouleversants. Armelle Héliot Le Figaro

On ne perd jamais le fil de cette épopée condensée, dont le fil rouge est la littérature – l’amour de la lecture, puis de l’écriture. Catherine Salviat nous fait franchir subtilement chaque étape. Malicieuse, habitée, la comédienne nous fait partager l’épopée d’une vie. La grande classe. Philippe Chevilley Les Echos

Une écriture factuelle, limpide et directe, dite sur le ton de la conversation avec une sobriété remarquable par une immense comédienne. Zeina Saleh Kayali L’Orient Le Jour