Resté en suspens durant le confinement, le spectacle reprend à partir du 26 octobre !

La Mégère apprivoisée
de William Shakespeare

adaptation et mise en scène

Frédérique Lazarini
assistée de Lydia Nicaud

scénographie et lumières François Cabanat
costumes Dominique Bourde
assistée de Emmanuelle Ballon

avec
dans le rôle de Catarina
Delphine Depardieu
et Sarah Biasini
en alternance

Cédric Colas Petruchio
Pierre Einaudi Lucencio
Maxime Lombard Baptista
Guillaume Veyre Tranio

réalisation du film
Bernard Malaterre

avec dans les séquences filmées
Charlotte Durand-Raucher Bianca
Didier Lesour Le prêtre
Hugo Petitier Gremio
Jules Dalmas Hortensio

[ La création de La Mégère apprivoisée dans une mise en scène de Frédérique Lazarini rencontrait un accueil si chaleureux qu’une prolongation avait été décidée à l’unanimité. Une nouvelle Mégère faisait irruption sur la scène de l’Artistic le 12 mars 2020 : Delphine Depardieu devait interpréter Catarina (sur scène et à l’écran). Deux jours plus tard les représentations s’interrompaient. Pour cette rentrée, Delphine Depardieu sera Catarina du 26 octobre au 1er novembre, puis du 8 au 31 décembre 2020 et Sarah Biasini l’incarnera du 2 novembre au 6 décembre. ]

De l’Italie baroque de Shakespeare à la Comédie italienne des années 50

A l’aube du XVIIème siècle, l’espace, le monde, deviennent lieu d’exploration et de mythes et révèlent aussi chez Shakespeare un triple attachement à la tradition, au fantasme et à la modernité. Shakespeare, en son temps, rompt de façon cruciale avec les décennies précédentes, en donnant à voir les paysages de Venise, de Vérone, ou de Padoue sur la scène londonienne. Il ne cesse de décliner cette relation d’amour qui le lie à l’Italie dans beaucoup de ses comédies ou dans le fameux drame de Roméo et Juliette.

Ici, Frédérique Lazarini propose une nouvelle vision de La Mégère apprivoisée en la mettant en relation avec la comédie italienne au cinéma des années 50-60, qui elle aussi traite de la critique sociale de façon bouffonne et avec une certaine insolence de ton. La comédie italienne au cinéma trouve ses sources dans plusieurs traditions théâtrales : la commedia dell’arte bien sûr, dont l’influence reste prépondérante quant à la typologie des personnages et le récit picaresque pour la trame générale du récit, mais aussi dans les intermèdes comiques du Music-Hall populaire, très en vogue à la fin de la guerre (référence à Totò, le célèbre et mythique comique napolitain).

Il semble dès lors intéressant pour cette nouvelle approche de La Mégère apprivoisée, de prendre les choses à l’envers et de s’inspirer d’un matériau cinématographique, en l’occurrence ici de la comédie italienne, pour traiter et illustrer la célèbre comédie de Shakespeare au théâtre. Dans la comédie cinématographique italienne des années 50-60, des aspirations sociales se font jour et, surtout, des revendications féministes pointent à l’horizon.

L’art cinématographique, grâce à des metteurs en scène comme Vittorio De Sica, Mario Monicelli, Luigi Comencini, Dino Risi ou Federico Fellini, porte enfin la voix à des personnages de femmes qui affirment leur besoin de liberté et d’indépendance dans un monde qui ne le permet pas encore, tout comme Catarina dans la pièce de Shakespeare.

Dans La Mégère apprivoisée il donne le rôle-titre à un personnage de femme profondément insoumise, résolument moderne, qui revendique le droit à la parole et à une certaine liberté (quasi féministe).
Non, Catarina ne se laisse pas faire. Elle est en rébellion contre toutes les autorités patriarcales de son temps. Et on serait tenté d’imaginer que Shakespeare est de son côté et qu’il nourrit de l’admiration pour sa « Mégère ». En revanche, il n’hésite pas à clore son histoire par le texte d’une femme domptée, assumé par une héroïne métamorphosée. Pourtant ici, c’est la sœur de Shakespeare qui, à travers la voix de Catarina, aura le dernier mot.

Surprise ? Dans cette adaptation de La Mégère apprivoisée, il convient de faire apparaître entre les lignes que notre héroïne n’est pas dupe, qu’elle n’a pas baissé les armes. Ce discours, finalement par trop provocateur, peut devenir un jeu amoureux, un jeu érotique, un jeu social.

Catarina devient alors la métaphore de l’actrice, elle endosse le rôle de la femme docile dans une relation complice et ludique avec son mari. Humour et jubilation sont de mise dans cette comédie haute en couleurs, empreinte d’une extraordinaire vitalité.

Dans la mise en scène de Frédérique Lazarini, l’histoire se noue autour d’un cinéma ambulant sur la place d’un village, dans les années 50 en Italie. L’intrigue se déroule sur la scène et à l’écran pour cette mise en abyme chère à Shakespeare, où chacun joue son rôle dans une vie qui a tout d’une fiction et d’un grand théâtre.

 


Les échos de la presse :

Sans trahir Shakespeare, Frédérique Lazarini fait de la pièce un brûlot émancipateur et assure la victoire de Catarina. Jack Dion Marianne

On rêve de voir ce spectacle en plein air, un soir d’été. Christophe Barbier L’express

Monter La Mégère apprivoisée est un acte de provocation, Frédérique Lazarini jette toute prudence par-dessus les moulins, bouscule ardemment la pièce, transposée dans la mythologie du cinéma des années 50. Et vogue la commedia ! Gilles Costaz WebThéâtre

Un spectacle très réussi, brillant d’intelligence et de charme. Sarah Biasini offre sa grâce étourdissante à Catarina, face à Cédric Colas, séducteur façon Mastroianni. Armelle Héliot Figaroscope / Le Quotidien du Médecin

Une jouissive mise en scène de Frédérique Lazarini, pleine d’une invention folle. Tout est intelligence et talent et humeur joyeuse. Tout : la scénographie et les lumières de François Cabanat, les costumes de Dominique Bourde et l’interprétation très commedia dell’arte d’une troupe fort homogène. Philippe Tesson Figaro Magazine

Frédérique Lazarini renouvelle brillamment le regard sur l’insoumission de la mégère et les tumultes du sentiment amoureux. Agnès Santi La Terrasse

La vraie mégère apprivoisée, c’est Frédérique Lazarini. Une énergie indomptable, une bande d’acteurs formidable dans une comédie endiablée. On rit, on s’émeut ; Shakespeare réinventé avec talent. Fabienne Pascaud Télérama