A partir du 21 mai !

Françoise Sagan

Chroniques

Cabaret littéraire

1954 – 2003

mise en scène Anne-Marie Lazarini
assistée de Lydia Nicaud

musique Andy Emler
scénographie François Cabanat
costumes Dominique Bourde

avec
Guilherme de Almeida
Cédric Colas
Coco Felgeirolles
Anne-Marie Lazarini
Frédérique Lazarini
Sylvain Peyran

Nos divertissements sont terminés. Ces acteurs, je vous l'ai dit déjà, étaient tous des esprits ; ils se sont fondus en air impalpable... les tours coiffées de nuages, les palais fastueux, les temples solennels, le grand globe lui-même avec tous ceux qui en ont la jouissance se dissoudront... sans laisser derrière eux la moindre vapeur. Nous sommes faits de la même étoffe que les songes et notre petite vie, en somme, la parachève.

William Shakespeare, La Tempête

Le mythe Sagan naît en 1954 dès la parution de Bonjour Tristesse.

Une vie, offerte jusqu’à la brûlure à l’ivresse de l’alcool, aux volutes de fumée de cigarettes, à l’étourdissement de la vitesse et la passion du jeu, aura donné les contours visibles d’une légende qui la suivra toute sa vie.

Son écriture, composée de phrases courtes, de formules justes, de pointes d’humour, sera assez tôt qualifiée de « petite musique ». On y décèle, infiniment sensible, la complicité touchante de l’auteur avec ses personnages, et s’y dessinent ses domaines de prédilection, comme la fragilité des liens amoureux, la vie facile teintée de sensualité, de cynisme et d’indifférence. La solitude, la langueur, sont au cœur de son oeuvre, parcourue de touches de tendresse, d’un brin d’amertume, et d’une généreuse désinvolture.

Françoise Sagan s’est souvent vu reprocher d’être la romancière frivole d’un milieu doré et passablement désenchanté.

Rouler vite, boire du whisky, vivre la nuit, correspondaient chez moi à des goûts évidents. Alors j’ai décidé de porter ma légende comme une voilette.

Il est pourtant une certitude bien plus largement partagée : sous cette désinvolture se cache un oeil attentif, sous le ton enjoué percent des blessures secrètes… et surtout, Françoise Sagan est profondément libre et c’est en toute liberté qu’elle s’exprime.

Elle aura donc pu écrire quand il le fallait sur un monde dont les inégalités lui sembleront criantes et s’engager chaque fois que cela lui paraîtra juste. Le cœur me bat comme on dit écrira-t-elle.

Son style classique, fluide, tissé de sobriété et d’éphémère, va éclater dans ses Chroniques qu’elle commence dès 1954, après le triomphe de Bonjour Tristesse, et qu’elle continuera jusqu’en 2003.

Elle a 19 ans et devient soudainement une proie consentante à toutes les curiosités et à toutes les attentions. Nombre de journaux la sollicitent, L’Express, Vogue, Egoïste…

Sa virtuosité – car elle est virtuose – réside dans son bonheur d’écrire. Elle ne s’attarde jamais, elle va à l’essentiel, le regard acéré et souvent humoristique.

Elle nous donne à voir la beauté de New-York ou le charme de Venise, nous confie sa fascination pour Orson Welles ou sa passion pour Billie Holiday. Ses Chroniques disent ses amitiés, ses admirations et révèlent ses penchants dévorants pour le jeu ou la vitesse.

Lorsqu’elle le juge juste, sa plume s’engage aussi, pour rendre hommage aux infirmières ou prendre la défense de Djamila Boupacha, torturée pendant la guerre d’Algérie.

Il lui suffit de quelques lignes pour convoquer la beauté, la fièvre ou la cruauté du monde, le charme d’un paysage, d’une musique ou d’un visage. Par le prisme d’un esprit libre, brillant et incisif, c’est toute une époque qui se dessine et, derrière elle, le portrait en filigrane de Françoise Sagan.

Anne-Marie Lazarini

Les premiers échos de la presse !

On croyait connaître cette écrivaine légère et mélancolique, mondaine et solitaire, et on la découvre, grâce au délicieux « cabaret littéraire » d’Anne-Marie Lazarini, en piquante chroniqueuse des temps modernes. Trois comédiens à l’humour caustique en distillent ici un brillant florilège. La prose rapide et sans graisse de Sagan y résonne comme un tourbillonnant music-hall des années 1950 à 2000. Fabienne Pascaud Télérama TT

Anne-Marie Lazarini dirige avec bonheur trois comédiens dans une salle transformée en cabaret. On retrouve l’alacrité et la fantaisie de la joueuse et de la femme ivre de vitesse comme celle qui partage, dans son admiration pour Racine et Proust, un sentiment tragique de la vie. L’écrivain n’oublie jamais l’ironie, qu’elle exerce finement, même contre elle-même. Armelle Héliot Le Quotidien du médecin

Un cabaret littéraire où se dévoile la personnalité de Sagan au travers des notes acides et drôles de ses chroniques. C’est vif, enlevé et on ne s’ennuie jamais avec celle que François Mauriac avait appelée « le charmant petit monstre ». Micheline Rousselet Snes-Fsu

À tour de rôle, Cédric Colas, Coco Felgeirolles et Frédérique Lazarini déclament les textes choisis, entre les notes de piano de Andy Emler, interprétées par Guilherme de Almeida, qui mêle ses touches mélodiques à la sarabande de mots de la grande Françoise. Une scénographie délicate de François Cabanat permet de rythmer ces allées et venues où la délicatesse du verbe n’a d’égal que l’allant de ceux qui le portent. Jack Dion Marianne

Une mise en scène inspirée qui rend hommage à un phénomène littéraire foudroyant. Anne-Marie Lazarini a réuni autour d’elle une brillante distribution : Cédric Colas, Coco Felgeirolles et Frédérique Lazarini, accompagnés avec talent au piano par Guilherme de Almeida. Un spectacle qui fait plaisir à voir après tant de mois de privation. Michel Jakubowicz ON-mag.fr

Ce spectacle est joyeux, chaleureux, il sent l’encre et les dîner Flammarion. Une soirée originale, comme on aimerait en avoir plus souvent… Marie Malaterre à la poursuite fait un travail éblouissant. Bravo ! Robert Bonnardot Sorties-a-paris

Ambiance cabaret, rideau rouge, tables et lumières feutrées, un bar sur le côté, des silhouettes de carton sont placées dans les fauteuils, représentant les amis, la famille, les amants de Françoise. Elle aurait été amusée de voir sa vie comme un cabaret, avec des interprètes de grand talent, des habitués de l’Artistic Théâtre qu’on a plaisir à retrouver après des mois de disette. Anne Delaleu Théâtre Passion

Ce cabaret littéraire dessine un portrait de celle qui traversa son époque avec une vitesse qu’elle aimait autant que la vie. Mais le spectacle fait aussi parler la Sagan engagée, celle qui défendait (déjà) les infirmières ou Djamila Boupacha, torturée pendant la guerre d’Algérie. On en sort avec l’envie furieuse de lire ou relire ses écrits. E.D. Sortiz